Intervention de Suneeta Kaimal lors de la Réunion de haut niveau des Nations Unies sur les minéraux essentiels à la transition énergétique
Le 14 juillet 2026, la présidente et directrice générale de NRGI, Suneeta Kaimal, s'est exprimée lors de la Réunion de haut niveau des Nations Unies sur les minéraux essentiels à la transition énergétique. Dans son intervention, elle a appelé les gouvernements à passer des engagements aux actes et a repris les demandes d'une lettre ouverte conjointe signée par NRGI et plus de 130 organisations de la société civile. Voici son intervention.
Excellences, chers collègues. Il y a deux ans, en tant que membres du Groupe d'experts du Secrétaire général sur les minéraux essentiels à la transition énergétique, nous avons affirmé d'une seule voix : la justice exige le changement. Et il y a deux ans, nous avons présenté une feuille de route pour un nouveau paradigme minier : un paradigme qui ne se contente pas d'extraire de la valeur des pays du Sud, mais qui la crée sur place — par l'industrialisation, par l'emploi, par le respect des droits.
Il y a deux ans, nous avons tracé la voie. Mais aujourd'hui, le monde a dévié de sa trajectoire. Les atteintes aux droits humains liées aux minéraux de transition ont bondi de 73 % au cours de l'année écoulée. L'instabilité et les conflits persistent. Plus de 200 projets miniers ont été annoncés au cours des six derniers mois seulement, et la plupart demeurent entourés d'opacité. La sécurité nationale est invoquée pour accélérer les projets et contourner des garanties durement acquises. Et les règles commerciales et les cadres de traçabilité sont en train d'être réécrits sans que les pays en développement ni les communautés affectées ne soient à la table.
À travers une lettre ouverte, nous, le Natural Resource Governance Institute et 130 autres organisations de la société civile, appelons les États Membres à agir dès aujourd'hui.
Premièrement, suivez la voie tracée par les pays producteurs en développement. Soutenez les mécanismes de politique minérale que proposent les pays producteurs — comme celui porté par la RDC au Conseil de sécurité et celui porté par la Colombie à l'Assemblée des Nations Unies pour l'environnement. Lancez, sans délai, les Plateformes d'appui aux pays de l'Équipe spéciale des Nations Unies, afin que le dialogue se traduise en action coordonnée dans les pays producteurs, selon leurs propres termes et avec la participation active des peuples autochtones et de l'ensemble de la société civile.
Deuxièmement, passez de l'ambition à l'action. Veillez à ce que le prochain Secrétaire général ou la prochaine Secrétaire générale traite ce dossier comme la priorité qu'il représente — pour la paix et la sécurité, pour les droits humains et pour le développement durable. Créez un poste d'Envoyé spécial pour une gouvernance équitable et juste des minéraux afin de faire avancer les progrès. Et exhortez les banques multilatérales de développement, notamment à travers leur Cadre conjoint de collaboration sur les minéraux critiques (Critical Mineral Joint Collaboration Framework), à aligner leurs investissements sur les principes directeurs du Groupe d'experts.
Enfin, gardez l'« énergie » au cœur des minéraux essentiels à la transition énergétique. Réancrez l'agenda des minéraux critiques dans sa vocation première : le développement durable et les transitions justes, et non l'intelligence artificielle et la domination militaire. Convenez d'objectifs équitables et assortis d'échéances en matière de suffisance, d'efficacité et de circularité des matériaux, afin de préserver l'intégrité de la planète. Et en 2027, tirez parti de la présidence africaine de la COP32 et de la présidence britannique du G20, dans le prolongement de celle de l'Afrique du Sud, pour faire progresser ensemble un agenda commun en faveur de l'équité énergétique et économique.
Il y a deux ans, la tâche et le calendrier que le Secrétaire général nous a confiés en tant que membres du Groupe d'experts semblaient impossibles. Mais l'ONU a offert un espace unique. Un espace où nous pouvions dépasser nos agendas concurrents. Où toutes les parties prenantes et tous les titulaires de droits avaient une place à la table. Aujourd'hui, nous, la société civile, sommes prêts à mobiliser et à amplifier ce sentiment d'urgence et cet esprit de coopération. À travailler ensemble pour ouvrir la voie à un avenir plus juste, plus pacifique et plus prospère pour toutes et tous. Merci.
Authors
Suneeta Kaimal
President and Chief Executive Officer, NRGI Governing Board ex officio