Le Sénégal face à ses premiers revenus pétroliers et gaziers
Choix stratégiques, risques et recommandations pour une gestion durable
Pour la première fois de son histoire, le Sénégal perçoit des revenus pétroliers et gaziers. Une opportunité rare de financer son développement — mais aussi un défi majeur de gouvernance : comment s'assurer que ces ressources profitent à tous les Sénégalais, aujourd'hui comme demain ?
Depuis 2024, le Sénégal est entré dans une nouvelle ère : la production pétrolière du champ de Sangomar a démarré en juin 2024, suivie du champ gazier de Grande Tortue Ahmeyim (GTA) en décembre 2024. Ces premières ressources représentent une opportunité historique — mais aussi un défi majeur de gouvernance pour le pays et pour les générations à venir.
Ce rapport analyse les projections de revenus, les risques macroéconomiques et le cadre juridique et institutionnel mis en place par la loi n° 2022-09, qui crée un fonds de stabilisation et un fonds intergénérationnel. Il formule dix recommandations opérationnelles à destination du gouvernement, du Parlement et de la société civile sénégalaise.
Ce que vous trouverez dans ce rapport
- Des projections de revenus réalistes pour Sangomar et GTA, selon plusieurs scénarios — dont les scénarios de transition énergétique mondiale
- Une analyse du contexte macroéconomique : pression de la dette, espace budgétaire limité et risques quasi-budgétaires liés à PETROSEN
- Un examen du cadre légal et institutionnel issu de la loi de 2022, ses forces et ses limites
- Des options concrètes pour la gouvernance des fonds souverains : lignes directrices d'investissement, gestion des risques et transparence financière
- Le rôle des acteurs de redevabilité : société civile, Parlement, institutions de contrôle
Principaux constats
Les revenus pétroliers et gaziers du Sénégal resteront modestes et volatils — leur contribution budgétaire devrait culminer à environ 5,5 % des recettes de l'État en 2029, avant de baisser sous l'effet de la transition énergétique. Dans un contexte de forte pression sur la dette publique, le rapport recommande de privilégier le désendettement avant l'accumulation d'épargne dans le fonds intergénérationnel. La crédibilité du cadre institutionnel dépendra avant tout de la gouvernance effective : transparence des flux, audits publics réguliers, supervision indépendante et redevabilité envers les citoyens.
Authors
Papa Daouda Diene
Senior Economic Analyst, Francophone Africa